Un grand merci à Anthony Cocain pour cette nouvelle bannière
J'aime l'amour et l'amour m'aime...j'aime tous les êtres vivants, homme comme animal...j'aime Gaïa et tous ce qui y vit.
L'amour véritable est d'aimer sans posseder, d'aimer tout simplement.
Je ne comprends pas le jugement, ni la haine,et je demande ceux qui viennent s'exprimer ici de s'abstenir de ça, car je voudrais mon blog rempli d'amour....
Le cri du poisson
« Maintenant je peux te regarder en paix, désormais je ne te mange plus. »
Franz Kafka (Remarque faite pendant qu’il admirait un poisson)
Chaque fois que je regarde l’émission Thalassa et son apologie de la pêche, je me pose la question du peu d’empathie pour le monde du silence, exception faite des cétacés. Combien d’amis végétariens se donnent bonne conscience à manger du poisson ? Je veux bien admettre que nous soyons dérouté par leur sensibilité toute autre, mais quant à les considérer comme des fruits !
Le pêcheur à la ligne nous est toujours présenté comme débonnaire, nonchalant, pacifique, presque naturaliste à l’écoute de la Nature. C’était aussi le cas du chasseur, mais il y a bien longtemps ! Le pêcheur au gros est un « sportif », un sympathique beauf ou milliardaire (question de taille de l’embarcation et de griffe du maillot de corps) des mers tropicales, exhibant ses pectoraux pour venir à bout de son thon. Récemment, le chanteur Carlos occupa « à merveilles » le créneau. Quant aux « vrais » pêcheurs, stoïques face aux éléments, ils n’inspirent que respect. La tempête est à leur naufrage ce que l’encornade est à la mort « héroïque » du torero. Un peu comme les mineurs. Ce sont d’ailleurs les mineurs des ressources halieutiques. Telle est la sympathique mythologie de la pêche. Elle contraste pourtant avec son arsenal sadique et ses méthodes violentes : hameçons raffinés, dégorgeoir, harpon, gaffe, utilisation de petits poissons-appâts crochetés vifs, lente asphyxie hors de l’eau, tonnes de poissons qui ne sont que charniers. La pêche ? Pire que la chasse !
Mais le charme du bord de l’eau, l’ambiance des ports, la qualité nutritive faite aux poissons et aux « fruits » de mer relaxe le pêcheur dans l’imaginaire du jugement populaire. Dans Le vieil homme et la mer, ce pêcheur cubain en lutte avec un énorme marlin au large du Gulf Stream, Ernest Hemingway conforta cette vision. Hemingway était aussi ce grand aficionado que la tauromachie exaltait (Le soleil se lève aussi, mais surtout Mort dans l’après-midi), tout autant que la chasse au gros gibier (Vertes collines d’Afrique). Le registre est éloquent.
« Les aliments sont les lettres d’un alphabet dont on écrit des chants de guerre ou des chants de paix ! »
G. Dupuy
Aux sources du végétarisme : convertissez-vous !
« J’enseignerai la pitié aux êtres humains, et je serai l’interprète de
toutes les créatures muettes, et j’apaiserai la souffrance sans borne qui
n’est pas seulement celle de l’homme ! »
Gautama Bouddha
« Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute l’herbe verte, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture ! »
Genèse 1,30
En se donnant le mal de compiler les textes, on trouve même justification à se convertir ! Non pas au judéo-christianisme qui n’a jamais observé le moins du monde la parole de son dieu, et encore moins celle de son Christ, mais au végétarisme !
Il y a 2000 ans, Jésus et les thérapeutes esséniens nous mettaient déjà en garde contre les risques de l’alimentation carnée et de l’attitude irrespectueuse qu’elle génère envers ce que nous nommons « les animaux », voire « les bêtes » : « La vie a été donnée à tous par Dieu, et, ce que Dieu a donné, il n’appartient pas à l’homme de le reprendre. Car je vous le dis, en vérité, c’est d’une mère unique que procède tout ce qui vit sur Terre. Voilà pourquoi celui qui tue, tue son frère. Or, de cet homme criminel, la Mère la Terre s’en détournera (...) et la chair des animaux abattus deviendra pour son corps son propre tombeau. Car celui qui tue, se tue lui-même et celui qui mange la chair des animaux abattus, mange le corps de mort (...) Ne tuez pas et ne mangez jamais la chair de vos innocentes victimes si vous ne voulez pas devenir les esclaves de Satan. Car voilà le chemin de la souffrance et de la maladie, qui conduit à la mort. » (Jésus-Christ, l’Évangile de la Paix, par le disciple Jean).
Des références qui pourraient faire des émules : Platon, Socrate, Diogène, Aristote, Sénèque et Plutarque à la même période, Bouddha, Hippocrate et Pythagore cinq siècles auparavant étaient végétariens.
« Prendre plaisir à dévorer de la viande accoutume à la cruauté, c’est un luxe inutile et malsain, contraire à la santé ! (…). Toutes les choses créées sont liées entre-elles, et, lorsqu’on tue un animal c’est donc un véritable crime, tant contre l’âme animale que l’âme humaine ! »
Sénèque
« Ce n'est pas le végétarien qui doit justifier son alimentation, mais le mangeur de viande. Le végétarien sait pourquoi il l'est, et attache son
alimentation à des convictions profondes. Au contraire, le carnivore ne se pose pas de questions, et mange de la viande parce qu'avant lui d'autres l'ont fait, ou parce qu'il aime ça, mais sans
aucune autre forme de justification. »
Plutarque
« Si tu veux t'obstiner à soutenir que la nature t'a fait pour manger telle viande, tue-la donc toi-même le premier, je dis toi-même, sans user de couperet, ni de couteau, mais comme le font les loups, les ours et les lions qui, à mesure qu'ils mangent, tuent la
bête. »
Plutarque
Henri-Charles Geffroy : une vie « claire »…
« Nous prenons en compte le témoignage d'un homme qui a miraculeusement sauvegardé et prolongé sa vie, simplement en orientant son alimentation vers une manière de se nourrir plus conforme à la Nature. Henri-Charles Geffroy est né le 5 décembre 1895 à l'époque à laquelle la calorie était à la mode, dans une famille d'éditeurs parisiens d'origine normande. De santé fragile, bien que suivi par des médecins très influencés par les travaux de Pasteur dans lesquels les crudités étaient bannies des repas. Devançant l'appel, il part à la guerre de 14-18 qu'il fera jusqu'a la fin et il retrouve des forces inespérées dans les tranchées : le grand air, une nourriture plus simple, accompagnée d'un pain grossier, l'exercice physique intensif. (…) En 1935, les médecins ne lui donnent plus que trois mois à vivre... Par chance, il lit un article sur une médecine pratiquée par un médecin berlinois qui sauvait des tuberculeux et des gazés par une réforme alimentaire. Il leur conseillait de bannir les produits industriels, la viande et les sous-produits animaux intoxicants. Il leur prescrivait un régime exclusivement végétal à base de céréales, de fruits et de légumes le plus souvent consommés crus. Henri-Charles Geffroy adopte ce régime végétalien et retrouve ses forces. Il éprouve même le besoin de faire des marches de plus en plus longues : c'est inespéré pour un malade dans son état. Il venait providentiellement d'échapper à la mort : il décide de consacrer le restant de sa vie à enseigner aux autres ce nouvel art de vivre en bonne santé. (…) Sa femme puis ses trois enfants pratiquent avec succès son régime. Il fait alors part à ses amis de ses expériences, met au point sa propre méthode d'alimentation saine, diffuse à la radio des conseils simples pour s'alimenter en période de restrictions durant la 2ème guerre mondiale et publie son premier ouvrage : Nourris ton corps (Flammarion, 1941). En août 1946, il fonde une revue indépendante : elle sera le trait d'union entre ceux qui souffrent (...) Elle sera un moyen (...) de nous apercevoir que nous sommes beaucoup plus nombreux que certains le croient, à penser "clair", à voir "clair", à agir "clair" et à vouloir vivre "clair" : c'est La Vie Claire. Il diffuse en toute liberté ses propres idées en particulier sur l'alimentation saine, la vie saine, l'agriculture biologique, la Nature, disons, en un mot qui n'existait pas : l'écologie. On peut considérer que La Vie Claire est le véritable organe fondateur de l'écologie et que Henri-Charles Geffroy en est le précurseur dont les idées ne seront récupérées par les médias qu'à partir des années 70 grâce aux efforts de ses lecteurs qui ont diffusé les petites brochures gratuites mises à leur disposition, tirées à 500 000 exemplaires parfois même 1 million. » (Marie-Lise Geffroy).
(NDLR : Tout ceci n’a évidemment rien à voir avec l’écologie, peut-être avec l’écologisme…)
*Davantage sur cet homme pour les rares ami(e)s qui ne le connaîtraient pas :
http://agnvswebmestre.free.fr/biographie.htm
Des animaux pour notre distraction
« La bête sauvage et cruelle n’est pas derrière les barreaux de la cage, elle se tient devant elle. »
Alex Munthe
« Le fait d’enfermer dans une cage des animaux libres et fiers est l’un des procédés les plus abominables de
la colonisation. »
Aragon
« C’est un chimpanzé
Au zoo d’Anvers
Qui meurt à moitié Qui meurt à l’envers
Qui donn’rait ses pieds
Pour un revolver
La Mélancolie. »
Léo Ferré
« Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés de nos rires. »
Boris Cyrulnik
Enfant, je restais des heures devant la cage des gorilles du Jardin des Plantes… Je croisais leur regard mélancolique et je me posais la question de la faute commise par ces hommes pour avoir mérité d’être ainsi détenus dans leurs excréments par les Thatcher de la zoologie, et moqués par un public idiot. Et puis, pour me consoler, je me disais qu’il s’agissait d’« animaux », quelque chose comme le poisson rouge qui tournait, chez moi, dans son bocal. La preuve, c’est que depuis l’avènement d’Amnistie International, on ne pense toujours pas aux Grands singes détenus. Et quand un député d’une démocratie espagnole propose une loi pour de meilleurs égards, il fait rire la galerie.
Mais dans la plupart des pays occidentaux les moins latins et méditerranéens, les zoos et les cirques ont négocié leur virage écolo, ont fait amende honorable, sont en plein renouveau. Les grands animaux exploités par les cirques sont soit domestiques, soit détenus de père en fils, c'est-à-dire d’une génération non prélevée à la vie sauvage. Si papa lion ou grand-maman tigre ont fait leurs petits dans des parcs ou des cages, c’est héréditaire et la progéniture sera inapte à vivre libre. On devrait agir ainsi avec les hommes. Prisonniers héréditaires, un nouveau statut mérité quand on est fils d’assassin… Mais ne donnons pas trop d’idées à Monsieur Sarkozy. Quant aux zoos, ils sont devenus parcs animaliers, safaris machins et se consacrent à la reproduction d’animaux en voie d’extinction. Ce sont des réservoirs génétiques. Et hop, beau tour de passe-passe pour que perdurent les barreaux de cages ! C’était juste une question sémantique, comme au temps de Josef Mengele. Et des Mengele, ce n’est pas ce qui manque en zoologie. Ils sauvent les espèces et heureusement qu’ils existent. Un peu comme les réserves d’Indiens sauveraient les Indiens. Ah, les bonnes intentions ! Et puis à l’heure du charter et du documentaire, quoi de plus didactique pour la jeunesse que d’aller observer la vie sauvage dans un Disneyland ? Et la sirène topless du delphinarium succède au montreur d’ours. Les expériences se poursuivent, n’arrêtons pas la science.
Selon Jean-Yves Cousteau, un « fou », la captivité est si insupportable pour les dauphins qu’ils n’hésitent pas à se suicider. Pour le peuple cétacé, habitué à nager sur des centaines de kilomètres, un bassin de 1000 m3 est une chaîne. Un dauphin se déplace à la vitesse de 4 à 20 km/h, avec des pointes à 54 km/h chez le juvénile. Une telle vitesse de nage transposée dans un bassin permet à l’animal de foncer droit devant lui pendant « au moins » une seconde ! Les dauphins tursiops du Pacifique plongent à plus de 500 m et n’ont que faire des 3 à 5 m d’un bassin minable. Enfin, les groupes sociaux exhibés et qui se résument à un mâle, quelques femelles et leurs bébés nés en détention, ne correspondent nullement au clan naturel de base qui réunit toujours une dizaine d’individus, et dont la structure élargie sous forme de tribu atteint la centaine, et l’alliance « politique » des milliers culturellement apparentés.
Suite aux conclusions négatives d’une demande de rapport consistant à déterminer si « les bénéfices en termes d'éducation, de recherches scientifiques ou de reproduction de cétacés en captivité, valaient que l'on importe de nouveaux dauphins libres pour les livrer en spectacle au public », tous les bassins marins à cétacés ont été fermés dès 1993 en Angleterre. Auparavant, une formidable pression des activistes anglais avait permis la libération de trois dauphins captifs hors des geôles et leur réhabilitation en Mer des Caraïbes. Outre le Royaume-Uni, les pays ayant déjà renoncé par loi à la détention et aux spectacles de dauphins sont la Norvège, le Danemark, l'Autriche et la Pologne. Les piètres exemples qui persistent dans cette pratique d'inspiration américaine sont : la Finlande, la Suède, la France, la Belgique, l'Allemagne, la Lituanie, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, Malte et Chypre. Les principaux pays importateurs de l'Union Européenne sont présentement l'Espagne et le Portugal. Seulement 35 % des Cétacés détenus en Europe sont nés captifs, les autres provenant de captures en mer, toujours effectives, et la plupart proviennent des eaux cubaines. Comme toutes les espèces de cétacés sont inscrites à l'annexe A de la Directive Nº 338/97 du Conseil de l'Union Européenne, tout trafic de ces espèces est interdit. La filière des parcs marins élude cette prohibition en arguant des exceptions de la directive, telle celle permettant l'importation pour des raisons scientifiques, éducatives ou dans l’objectif de programmes de reproduction. Aucun delphinarium européen n'a jamais participé à la réintroduction du dauphin tursiops ou du dauphin nez en bouteille, espèces les plus communément détenues, pour le simple fait que leurs populations sont mondialement abondantes. Des espèces menacées, comme le dauphin de rivière ou les mésoplodons (baleines à bec), ne supportent nullement les conditions de captivité. Enfin, aucun delphinarium européen n'est jamais parvenu à mettre en place un programme de reproduction réussi et on reste dans l’attente de la moindre naissance de sujets d’une seconde génération captive.
Extrait de L'homme contre-nature, Éditions du Temps, copyright Michel Tarrier.
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