
Un b-a-ba d’anatomie comparative nous enseigne que le régime alimentaire naturel des hominidés est du type omnivore à dominance frugivore, la viande ne correspondant qu’à un apport subsidiaire et occasionnel. Les excès de consommation de produits carnés par l’homme moderne sont inspirés par une dérive gourmande et contre-nature. Cette déviation induit maladies coronariennes, hypercholestérolémie, accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. On nous le dit, on nous le répète, et pourtant… Sans le moindre état d’âme à l’égard de la condition faite aux animaux, le rayon boucherie de nos hypermarchés poursuit imparablement la quête de sa pierre philosophale, de sa poule aurifère, qui doit être quelque chose comme le porc à quinze côtes, la truie à trois portées, la vache à engendrer deux veaux… Les majors boulimiques de l’agro-industrie ont déjà enfanté du poulet sans plumes, de la plante sans semence, sans que l’absurdité de leurs objectifs ne pose un quelconque problème sociétal, le consommateur étant conditionné à penser que c’est pour son bien, voire mieux, pour nourrir la faim dans le Monde. Maintenant qu’il suffit de transplanter un gène de la chose dans la bête, leurs labos ne vont pas se gêner pour ajouter du filet, retirer des pattes, faire des Chinois à grosses bites, des Birkin à gros nibards, des Sénégalais à yeux bleus, du jeune dans du vieux, de la saveur dans les tomates hors-sol, du poisson sans tête, du colza qui rend Étatsunien, Lourdes à domicile, tout ce qui peut correspondre à un segment du marché. Vive la science ! De la merde.
La consommation de la viande et du lait est partout en hausse. Depuis un demi-siècle, la production mondiale de viande est passée de 44 millions à plus de 220 millions de tonnes. 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 13,5 milliards de poulets 1,3 milliard de bovins et l milliard de cochons sont destinés à nos assiettes. Les États-Unis transforment chaque jour mille tonnes de viande de bœuf en hamburgers, et chaque citoyen Nord-américain dévore durant sa vie 9 boeufs de 500 kg. Un Français mange 100 kg de viande par an, trois fois plus qu’il y a un demi-siècle. Aux États-Unis, 70 % des céréales sont destinés aux animaux d'élevage, contre seulement 2 % en Inde. Dans un parc d'engraissement américain de 37 000 bovins, 25 tonnes de maïs sont distribuées chaque heure. 90 % des cultures de soya, dévoreuses d’écosystèmes majeurs, vont aux animaux d'élevage pour la grande bouffe occidentale. Pour satisfaire à la demande, entre 1977 et 1980, le Brésil a augmenté de 400 % ses exportations de soja. Simultanément, 38 millions d’habitants étaient sous-alimentés et 10 000 petits Brésiliens mouraient de faim, Il faut 7 kg de céréales et 10 000 litres d’eau douce pour produire un seul kg de boeuf. Un consommateur humain qui passe au tout végétal, ne serait-ce qu’une fois par semaine, fait montre d’une solidarité planétaire de l’ordre de 5 000 litres d’eau. Le choix du mode alimentaire est donc déterminant dans la valeur de l’empreinte écologique de chacun. Si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains. En l985, pendant la famine en Ethiopie, le pays exportait des céréales pour le bétail anglais. Même au Sénégal, la culture d’arachide pour le bétail se fait aux dépends de cultures vivrières pour la famille, et en Thaïlande la production de manioc est exportée pour les élevages occidentaux. La production carnée est au premier rang des causes du détournement calorique planétaire : 500 calories d'énergie alimentaire issues d’un steak d’un demi kilogramme demandent 20 000 calories de carburant fossile à produire. Les voilà les chiffres de la gabegie ! Dans le système Nord-américain qui nous obnubile, la moitié de l’eau dont la majeure partie est non-renouvelable, est dilapidée au profit de l’arrosage d’une agriculture servant à la nourriture des animaux d’élevage. La pollution des eaux, dont celle de nature pesticidaire, est en grande partie le fait des rejets de l’élevage productif. C’est aux méfaits de l’élevage qu’il faut attribuer 85 % de l’érosion de la fertilité des sols (déboisement, création de déserts agraires, désertification), et 20 % de l’augmentation de l’effet de serre causé par le méthane, gaz largement produit par les vaches que nous mangeons. On saccage 17 m2 de forêt tropicale, abritant une phytomasse de 75 kg de plantes vasculaires et de vie animale, pour produire un steak haché de bœuf, chiffre évalué pour l’Amérique centrale. 200 millions d’hectares de forêts tropicales ont été rasés depuis 50 ans pour faire place à des pâturages d’engraissement ou à des fermes « modèles » de bovidés. (Source : FAO). En attendant d’amputer ce qui reste au profit des agrocarburants, nous transformons déjà des forêts en hamburgers tout en participant au réchauffement du Globe. Le conducteur-carnivore est vraiment le vampire numéro un de la Planète. Outre le fait qu’une alimentation végétarienne réduit le risque de mort par attaque cardiaque de 50 à 4 %, et divise par trois le risque de cancer du sein et des ovaires, on voit bien que l’exploitation des animaux par la boucherie est aussi l’une des grandes causes de la faim dans le Monde. Il est donc pour le moins stupide de la part des carnivores bien-pensants d’argumenter la famine du Tiers-Monde pour relativiser le souci d’un meilleur respect dû aux animaux.
L’élevage en batterie entre dans les pratiques les plus ignominieuses de notre humanité. Poules, dindes, cochons, bovidés sont industriellement torturés au nom de la recherche d’un profit maximal. Mais la morale est que ce mauvais traitement retombe sur la santé de ceux qui consomment cette chair pétrie de souffrances et de poisons. Si j’étais de ceux qui tombent dans le panneau de l’animalisation, j’écrirais : « quand les « porcs » élèvent des cochons ! ». Bon an, mal an, l'Union Européenne produit plus de 200 millions de porcs. 90 % de ceux-ci subissent le triste sort de la détention à vie et du traitement réservé à rien de plus qu’un saucisson vivant. Après son insémination, la truie est placée pour trois mois dans une stalle individuelle en pleine obscurité, où elle est détenue sanglée, sans pouvoir ni se lever, ni se coucher, afin de permettre des économies de nourriture. Peu avant la naissance de ses porcelets, elle est placée en immobilisation forcée dans une cage de mise-bas, où ses petits pourront téter à loisir. Les instincts maternels de la mère sont déniés, elle ne peut pas confectionner un nid pour sa mise-bas, ni approcher ses petits. Entre les administrations d’anxiolytiques et d’antibiotiques, mordre les barreaux reste sa seule compensation pour survivre à ce stress. Les porcelets ont la queue et les dents coupées sans anesthésie, les mâles sont castrés à vif. Ils sont sevrés précocement afin que la truie recommence sans plus attendre un nouveau cycle. Ils sont ensuite placés dans l'obscurité sur un sol en claire-voie (déformations, nécroses des pattes) pour être engraissés d'aliments composés de céréales, de farines animales et d’antibiotiques, dits accélérateurs de croissance. Pour augmenter les portées et stabiliser les cycles de fécondité, les femelles sont traitées aux hormones et aux stéroïdes. L’odyssée du transport vers l'abattoir a généralement lieu de nuit et les porcs ne verront jamais la lumière du jour. Incapables de se mouvoir, certaines truies sont treuillées dans le camion. Leur chair meurtrie n’est déjà plus que rillette ou saucisson.

Extrait de L'homme contre-nature, Éditions du TEmps, copyright Michel
Tarrier.
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J'aime l'amour et l'amour m'aime...j'aime tous les êtres vivants, homme comme animal...j'aime Gaïa et tous ce qui y vit.

et oui, je reviens encore et encore vers vous avec les corrida; c'est la saison et cette été il y en aura de plus en
plus...et il faut que je me bats pour que ça cesse. Et me battre, je ne peux pas le faire toute seule..j'ai besoin de vous, pour faire connaitre ce fléau, pour dire STOP!





Et non, je ne suis pas une analphabète,
je suis juste Hollandaise (hihihi, ce qui est presque pareil....)donc pardonnez moi, si il y a des erreurs de votre belle langue dans mes articles....




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