Dimanche 23 septembre 2007
Il y a un an encore, je ne savais même pas que ça existait vraiment, le déterrage...
Aujourd'hui, à mon retour d'une tranquille ballade dans la forêt, j'ai vu des chasseurs, des vrai héros qui tirent sur des petites bêtes sans défense....juste parce qu'ils n'ont pas le droit de
légalement tirer sur des personnes (quoique entre eux, des "accidents "peuvent arriver quand ils ont un dent contre une personne)...
Mais bon, ils font ça, bien sûr, dans l'interêt commune, contre les "nuisibles", car, nous, les humains, avons la lourde responsabilité de devoir "régler" la nature, car elle ne sait pas le faire
par elle même. C'est aussi grace à ça que nous sommes sans aucun porblème écologique en ce moment, parce qu'on a bien réglé la nature.
Bref, le déterrage donc, est un peu comme attaquer des personnes en plein sommeil, ou, les tirer dans le dos, ou d'autres façons aussi héroiques.


on envoie notre chien, qui va nous trouver un animal bien appeuré chez lui...il trouve donc le terroir ou la pauvre bête se trouve, nous, on bloque vite la sortie, des fois que l'animal sort avant
qui nous l'avons attrapé et qu'on doit courir après, après tout, c'est trop fatiguant....et puis, on creuse bien ....et dès qu'"on peut, ben, on attrape l'animal par sa queue; oreilles, bref, tout
ce qu'on peut...;et si jamais ils nous mord, ben, on lui administre quelques bons baffes plein gueule, non, mais!
ET puis, tada!!!! la trophée, une belle renarde, tiens, on prend vite une photo, qu'on met sur les forums, histoire de montrer notre grandeur, et puis, on le massacre! hopla, une nuisible en
moins, et un égo de plus gonflé!

J'ai aussi trouvé le temoignange d'une personne qui, lui est un vrai héros, car il a du regarder sans rien faire, pour pouvoir nous le raconter et nous mettre au courant:
C'était à la fin de l'hiver 1976. Un "traître" m'avait invitée à assister à un déterrage de renard. A
condition que je ne dise pas qui j'étais, et surtout, surtout, que je ne manifeste aucune pitié pour l'animal qui allait souffrir et mourir sous mes pieds. J'ai tenu bon et depuis, si j'ai
seulement réussi une fois à faire capoter un grand concours national de déterrage (quinze terriers étaient visés), je n'ai cessé de dénoncer l'horreur de ce genre de chasse. Une des plus cruelles
qui soit.
A l'époque, il n'y avait encore que 200 équipages de chasse sous terre. Quinze ans plus tard, en 1991,
il y en avait 1000. Et aujourd'hui 2000, soit le double en quatre ans...
Cette chasse se pratique toute l'année, mais elle est particulièrement appréciée lorsque les mères sont
au terrier avec leurs petits. De fin février à juin, on est pratiquement sûr d'anéantir toute la famille. Et de rudement bien s'amuser ! Car la renarde, en bonne mère, défendra ses renardeaux
jusqu'à son dernier souffle. Des heures de joie intense où l'on palpite aux aboiements des chiens en grignotant des petits gâteaux... Si, si.
L'équipage, quinze à vingt personnes, s'avance en forêt avec ses chiens (teckels, fox, etc.) vers les
terriers de renard qu'un garde de l'Office National des Forêts a repéré. Repéré et préservé, afin qu'ils soient intacts et habités pour que le jeu puisse avoir lieu.
Les chiens utilisés ne sont pas des naïfs. Ils connaissent bien les renards pour s'être fait longuement
les crocs sur eux pendant les séances d'entraînement en terriers artificiels. C'est donc un animal en pleine forme et sûr de lui qui entre dans le terrier où, tout au fond, comme dans leur
chambre à coucher, la mère et ses petits se croient à l'abri du danger. Qui viendrait les chercher là ? Aucun être au monde, sauf le chien dressé, ami du chasseur, ennemi des bêtes libres et
sauvages.
Sous terre, la renarde se défend comme elle peut. Mais ses assaillants sont hargneux, et nombreux,
puisqu'ils remontent dès qu'ils sont fatigués pour être remplacés. Personne ne l'aide, elle, personne ne la remplace...
Trois, quatre heures passent. C'est aux aboiements des chiens que les déterreurs devinent que l'animal
traqué, harcelé, n'est plus qu'une loque. Alors, un de leurs larbins ouvre le terrier avec une pelle et saisit au bout d'une longue pince une pauvre petite chose rousse, déchiquetée, souillée de
terre et de sang. Une renarde qui ose encore se cabrer, yeux exorbités par la douleur, avec, sans doute, l'effroyable pensée de ses petits livrés à l'ennemi. On l'achève d'un coup de pistolet en
même temps que sautent les bouchons de champagne. Quant aux renardeaux, tradition oblige, un bon coup de talon leur écrase la tête.
Aidez-nous: il y a vingt et quelques équipages de déterrage par département et tous les lieutenants de
louveterie pratiquent ce "jeu".
Paule Drouault, L'Echo du ROC 1995
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