Nos amies "les bêtes"
Un texte de Michel Tarrier, illustré par Zara Whites

« La consommation de viande éteint la graine de la grande compassion. »
Bouddha
« Mais pour une petite bouchée de viande, nous privons une âme du Soleil et de la lumière, et de cette portion
de vie et de temps dont sa venue au monde le destinait à profiter. »
Sénèque
« J'ai renoncé très jeune à manger de la viande et le jour viendra où les hommes, comme moi, considéreront le
fait de tuer des animaux comme ils considèrent aujourd'hui le fait de tuer des hommes. »
Léonard de Vinci
« Quelle charmante, plaisante et innocente vision, que le spectacle d'une table ainsi servie et quelle
différence avec une préparation de viande animale fumante, abattue et morte ! En aucune façon, l'homme n'a la constitution d'un carnivore. Chasse et voracité ne lui sont pas naturelles. L'homme
n'a ni les dents acérées ni les griffes pour tuer sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des légumes, et ses dents sont appropriées pour les
mâcher. (…)
Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, restaurer, et nous régaler, est abondamment pourvu dans le
magasin inépuisable de la Nature. Quelle vision agréable, plaisante et innocente qu'une table frugalement servie, et quelle différence avec un repas composé de viande animale fumante et tuée. En
résumé, nos vergers offrent tous les délices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulé et d'une abominable puanteur. »
John Ray
« Se nourrir des animaux n'est pas loin de l'anthropophagie et du cannibalisme. La même quantité de terre
utilisée pour paître et nourrir du bétail pourrait nourrir dix personnes ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains ou petits pois, cela pourrait nourrir une centaine
de personnes... Le Bassin d'Orinoco peut produire suffisamment de bananes pour nourrir l'humanité entière confortablement. »
Alexander von Humboldt
« Le classement des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d'une façon évidente que la
nourriture normale de l'homme est végétale comme les anthropoïdes et les singes, que nos canines sont moins développées que les leurs et que nous ne sommes pas destinés à concourir avec les bêtes
sauvages ou les animaux carnivores. »
Charles Darwin
« Je n'ai aucun doute que c'est la part du destin de la race humaine dans son développement graduel d'arrêter
la consommation des animaux, comme certainement les tribus sauvages ont arrêté de se manger les unes les autres quand elles sont entrées en contact avec les plus
civilisés. »
Henry David Thoreau
« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
Léon Tolstoï
« Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis. »
George Bernard Shaw
« Je crois que l'évolution spirituelle exige, à un certain stade, que l'on cesse de tuer nos frères les
animaux pour la satisfaction de nos désirs corporels. »
Mahatma Gandhi
« Pensez de temps en temps à la souffrance que vous évitez de voir. »
Albert Schweitzer
« Rien ne peut être meilleur pour la santé de l'homme et augmenter ses chances de survie sur Terre que
l'évolution vers une alimentation végétarienne. »
Albert Einstein
« Face à la souffrance humaine ou animale, le cœur et la compassion ne se divisent
pas. »
Théodore Monod
« Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des
animaux. »
Théodore Adorno
« Les gens disent souvent que les humains ont toujours mangé les animaux, comme si c'était une justification pour
continuer la pratique. Selon cette logique, nous ne devrions pas essayer d'empêcher les gens d'assassiner d'autres personnes, puisque ceci existe aussi depuis les tous premiers
temps. »
Isaac Bashevis Singer
« Je ne vois aucune raison à ce que les animaux soient abattus pour servir l'alimentation humaine quand il y a
autant de substituts. Après tout, l'homme peut vivre sans viande. »
Tenzin Gyatso
Le contingent français des animaux fermiers était, rien qu’en en 1999, de 320 millions de volailles, 20 millions de bovins, 23 millions de
porcins, 9 millions d’ovins. (Source : SOFRES). 5 milliards d’animaux de boucherie et plusieurs milliers de milliards de poissons sont chaque année consommés aux USA, soit 25 animaux et 12
500 poissons par personne ! Le dernier chiffre fantastique enveloppe la pêche minotière (fabrication des farines animales dont nous nourrissons nos animaux de boucherie…). Ce panorama
chiffré permet d’apprécier à sa juste valeur la ponction imposée par le régime carnivore de l’homme… naturellement frugivore.
Allez savoir pourquoi, pour relativiser ou anéantir la question d’un souci pour le bien-être animal, la plupart de nos contemporains mettent
dans la balance-conscience celle des droits humains, par exemple des enfants, et notamment de ceux « qui meurent de faim » ? « Humains avec les animaux et inhumains avec les
gens… ». Combien de fois ai-je entendu dire que « Bardot aurait mieux fait d’élever son fils, plutôt que de s’occuper des petits veaux et des bébés phoques… ! ». Le but est à
chaque fois de décontenancer l’empathie pour l’animal inférieur, en culpabilisant sur le petit de l’animal dominateur. Comme si le mal infligé par la faute des disparités iniques et issues de nos
économies de profits, devait être expié par des êtres encore plus démunis, soumis et exploités que sont les animaux ? Étrange tentative de discalification et de justification, curieuse
échelle des valeurs et des priorités, laquelle, jusqu’en 1968 et aux États-Unis, se faisait aussi entre Blancs et Noirs. Les petits de l’homme bénéficient partout des mêmes droits de l’homme pour
être protégés et défendus. À l’humanité d’en faire usage, en tous lieux, en tous moments. Ce qui n’est pas le cas de l’agneau ou du veau, qui ne sont regardés que comme des machines à viande. Et
puis cette vision – encore une fois très monothéiste – a bien mauvaise conscience et n’est justifiée que par une mauvaise foi (y’en a t’il de bonne ?!) doublée d’ignorance. Et ces œillères
de charretiers que nous portons et qui nous arrangent, ce ne sont pas les chevaux qui nous les imposent, mais les prétendants de la boucherie chevaline… Enfin, petit rappel, l’élevage participe
grandement et cyniquement à l’inégalité dans la répartition de la nourriture terrestre et la dévastation de l’environnement (grand émetteur de méthane). La famine des autres est
dans nos cruelles assiettes. L’attitude végétarienne est donc en tout premier lieu d’une motivation humanitaire.
Extrait
de L'homme contre-nature, Éditions du TEmps, copyright Michel Tarrier.
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